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Japon : le cauchemar nucléaire

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Le séisme qui a frappé le Japon s’est transformé en catastrophe nucléaire aux retombées mondiales. Il est plus que temps de sortir du nucléaire afin d’éviter que ce drame se reproduise.

La population japonaise affronte actuellement une catastrophe sans précédent : un séisme de très grande amplitude qui a provoqué un tsunami dévastateur, avec des conséquences humaines, sanitaires et économiques énormes, auquel s’ajoute une catastrophe nucléaire majeure.
Une première explosion d’hydrogène a détruit un premier réacteur de la centrale Fukushima Daiichi samedi 12 mars. Lundi, une deuxième explosion a détruit le bâtiment d’un autre réacteur contenant du combustible MOX qui peut provoquer des rejets encore plus dangereux. Le troisième réacteur a explosé dans la nuit de lundi à mardi, son cœur risquant lui aussi de fusionner. Trois autres réacteurs ne sont plus refroidis et pourraient connaître le même sort, comme ceux d’une autre centrale située à 11 km de la première.
Les conséquences exactes de ces accidents en chaîne ne sont pas encore connues, l’exploitant Tokyo Electric Power n’étant pas réputé pour sa transparence. L’accident a d’abord été classé au niveau 4 sur l’échelle Ines, il a été réévalué au niveau 6 (la catastrophe de Tchernobyl avait été classée au niveau 7).
Les premières mesures indépendantes indiquent que la radio-activité reçue en une heure sur le site de la centrale correspond à la limite de radioactivité à ne pas dépasser annuellement. Et la présence d’un nuage radioactif a été confirmée par des mesures faites à 100 km de la centrale accidentée. C’est donc une vaste région qui subit à l’heure actuelle une contamination. Il est à craindre que cette contamination se propage à tout le pays, voire au-delà.
La situation est d’ores et déjà alarmante et s’aggrave d’heure en heure. Elle nous rappelle que la production d’énergie nucléaire n’est ni propre ni sûre et qu’elle soumet les populations et les travailleurs tout au long de la filière à des risques insensés. Des centaines de travailleurs japonais sacrifient actuellement leur vie pour tenter d’éviter que le pire se produise.
Le Japon est, après les États-unis et la France, le troisième pays le plus nucléarisé au monde : 36 % de sa production électrique est actuellement issue du nucléaire, avec un objectif de 50 % pour 2030.
L’attitude du gouvernement japonais, celle du gouvernement français, VRP de l’entreprise Areva et du nucléaire, sont insupportables. De même que les déclarations du PS dont le porte-parole Hamon a déclaré que les socialistes n’étaient « pas favorables aujourd’hui à un abandon du nucléaire ». Quant au PCF, il propose de « créer les conditions pour dépasser la fission nucléaire par un investissement public massif dans la recherche » dans un contexte d’épuisement de l’uranium d’ici 50 ans !
Les promesses de transparence de Nathalie Kosciusko-Morizet font sourire quand on sait que EDF a produit en 2003 des rapports sous-estimant la fréquence et l’intensité des tremblements de terre pour s’éviter des frais de mise au normes des installations de 34 des 58 réacteurs français.
Bien que les tremblements de terre soient moins fréquents et moins forts en France, un accident pourrait se produire même avec un séisme d’une intensité plus faible. Les dix-huit installations nucléaires du CEA à Cadarache sont installés sur la faille de la moyenne Durance, où s’est produit le plus gros tremblement de terre connu en France, il y a 102 ans. Et ce site a été choisi pour l’implantation du projet Iter !
À l’approche du 25e anniversaire de l’accident de Tchernobyl qui a causé la mort directe ou indirecte d’au moins 600 000 personnes, cette tragédie nous apprend que le Japon, troisième puissance mondiale, pays industrialisé à la pointe des innovations technologiques, ne sait pas plus que la France maîtriser les conséquences liées à la production nucléaire.
En France, la politique énergétique a toujours échappé au débat démocratique. Les citoyens n’ont jamais eu l’occasion de se prononcer démocratiquement sur le recours au nucléaire.
Puisque Sarkozy a annoncé que la France devait tirer les conséquences de cet accident, manifestons partout dans le pays pour réclamer la fermeture immédiate de tous les réacteurs ayant atteint ou dépassé les 30 ans de fonctionnement, l’arrêt complet de tous les projets portés à l’étranger par l’industrie nucléaire française, l’arrêt de tous les projets en cours (EPR, Iter, Bure et centres de stockage des déchets nucléaires) dans le cadre d’un plan global de sortie du nucléaire.
Le NPA revendique la création d’un grand service public de l’énergie sans nucléaire géré par les usagers et les travailleurs, qui favoriserait les économies d’énergie et les énergies renouvelables qui, à investissement égal, produit deux fois plus d’électricité que l’EPR et créent quinze fois plus d’emplois.
Catherine Faivre d’Arcier

Tag(s) : #Ecologie